[le dimanche 6 avril 2008 à 17h]

Laurence Février

« Dans la ville »

Metteur en scène, Laurence Février développe un théâtre documentaire et monte des spectacles à partir d’entretiens qu’elle mène avec les habitants de certains quartiers, comme à la Goutte d’Or à Paris. Elle proposera la lecture de : « Dans la ville » : Après l’enlèvement d’un architecte, une journaliste d’investigation arrive à Marseille, elle rencontre plusieurs habitants de la ville…

Comédienne et metteur en scène, elle débute sa carrière dans les années 70, en travaillant avec des metteurs en scène d'obédience artistique très diverse.
Dans les années 80, elle fonde sa propre compagnie et poursuit depuis de façon parallèle son métier de metteur en scène et celui de comédienne. Elle a monté une vingtaine de spectacles avec des auteurs comme : Luigi Pirandello, Eugène O'Neill, Italo Svevo, Michel Tremblay, Marivaux, Michèle Fabien, Erasme, Mérimée, les poètes français du 19e et 20e siècle… et des spectacles musicaux. Elle tourne au cinéma avec Etienne Chatilliez, Raul Ruiz, Steven Spielberg… et dans de nombreuses productions pour la télévision.
Elle anime aussi des stages pour les professionnels du spectacle ou les
enseignants, elle dirige des ateliers pour les enfants et les adolescents, et elle met en oeuvre des cycles de lectures sur les écrivains et les poètes. Elle a mis en espace une dizaine de pièces d'auteurs contemporains.
Depuis 2002, elle dirige les recherches et les spectacles de théâtre documentaire produits par la compagnie.

Rencontres avec des hommes remarquables
«Ils habitent la goutte-d'or», de Laurence Février

Depuis longtemps, Laurence Février s'intéresse au théâtre-documentaire. «Ils habitent la goutte-d'or» a été créé l'an dernier, dans ce quartier populaire du 18e qui donne son nom au spectacle. Trois monologues issus d'interviews authentiques. Devant nous défilent trois habitants du coin : une femme politique (Laurence Février), une Africaine (Martine Maximin), un marchand de journaux (Charlie Nelson). De son enfance à la Goutte-d'Or, la femme politique - sosotte mais brave coeur - a conservé la fibre plébéienne. Elle semble un peu mal à l'aise au sein de la droite. L'Africaine décrit le marché Château-Rouge, ses trafics licites et illicites, mais aussi, moins pittoresque, son incapacité à trouver un logement alors qu'elle a un travail. Enfin, le marchand de journaux, un Français qui a longtemps vécu en Afrique, compare avec bonhomie sa vie d'autrefois avec celle d'aujourd'hui. Pourquoi demander à des acteurs de servir d'intermédiaires entre eux et nous ? Parce que l'acteur fait office de lentille : s'il n'était là pour concentrer les rayons lumineux, jamais nos coeurs ne s'enflammeraient. Ce spectacle n'est pas seulement exemplaire d'un point de vue civique, il suscite une intense émotion. Du grand art.

Jacques Nerson (Le Nouvel Observateur)