[le vendredi 30 mai à 20h30]

Les Caméléons Troubadours

L'âne et l'idiot

D'après les sources autorisées, il serait né en l'an 605 de l'Hégire à Akchéhir, en Asie Mineure, à l'époque où Bagdad étendait sa lumière sur le monde habité. Les gens du lieu assurent encore avoir connu sa tombe. Il l'avait conçu lui-même et la voulait risible. Trois cotés en étaient complètement ouverts et le quatrième fermé par une porte et un cadenas.

Nasr Eddin Hodja, idiot et sage devant l'Eternel, objet de tous les calembours et les coups de bâton, récoltant au cours des siècles autant d'apocryphes que de vies passées. On l'a vu Cadi sourcilleux, bouffon de Tamerlan, paysan turc, voleur malchanceux, Iman inspiré, mendiant orgueilleux.
Il est logique qu'il apparaisse à Marseille au XXIème siècle dans un spectacle complice ou tout spectateur peut l'interpeller et lui poser des questions pertinentes.
De la sagesse à l'idiotie il n'y a qu'un pas, très vite franchi quand on porte un turban de cette taille, une barbe aussi évidemment fausse, et qu'on a Khadidja pour épouse.
Fils de chien, que le pouce d'Allah t'écrabouille! Les aventures du Hodja nous rappellent un Islam inspiré et iconoclaste, plein d'humour, tellement plus agréable à respirer que les quotidiens anathèmes des journaux télévisés.
Nasr Eddin est frère de Diogène et de Gulliver. Il a la sagesse d'Omar, la grossièreté d'un Pantagruel, la pertinence d'un Boris Vian. Dans notre époque troublée, il est plus que jamais nécessaire. Les Caméléons Troubadours nous rappellent qu' il n'y a pas de choc de civilisation. Juste un malentendu entre gens n'ayant jamais encore entendu parler du Hodja...

distribution

Avec : Jule Kurlbaum - Roger Simi
Lumières : Xavier Pic