LE BLOG DE LA CRÉATION EN COURS

[04|04|2008]

C'est une première esquisse.

par Jacques Livchine

Cinq jeunes : Daouda, Marion, Nicolas, Chloé, Mehdi et Belinda.
Cinq comédiens s'emparent des paroles et des corps de ces jeunes : Hugues Fesneau, Karine Fourcy, Patrick Servius, Henry Valencia, Josette Lanlois.
C'est fait avec pudeur et finesse, avec gravité aussi. C'est bien fait. Le défaut pour l'instant c'est l'empilement de textes pendant 1 H 45. Or, ces textes ont une tranquille beauté, mais on ne sent pas encore la colonne vertébrale.
On va me rétorquer que c'est parce que j'ai décroché par moments, mais j'ai décroché parce que ce fil rouge qui devrait me tenir en haleine n'est pas encore bien apparent.
Pour l'instant, cela fait "oratorio" c'est une sorte de musique des mots un peu lancinante. On a des jeunes à l'aube de leur vie qui vont essayer de la construire.
Le metteur en scène Michel André ne se fait pas trop de soucis, car ce qui le passionne, c'est la riche aventure que constitue ce lien qu'il entretient depuis deux ans avec ces jeunes.
Puisque c'est une esquisse, et que je suis le plus mauvais spectateur qui existe, je peux exprimer où se trouve mon insatisfaction.
a) Les personnages sont dans un espace abstrait, un no man's land, tout réalisme semble banni. C'est un style, certes mais dont l'austérité peut finir par ennuyer.
b) On aimerait savoir pourquoi ces personnages décident de faire leurs confidences au public, ou pourquoi ces gens de théâtre font leurs investigations.
c) Et puis j'aurais besoin après avoir écouté ces jeunes d'une espèce de point de vue général. ça dit quoi que je ne sache déjà ?
Le public discute longtemps sur le trottoir, c'est un petit week-end de rencontres sur le thème des écritures du réel. Il y aussi un film de Florence LLoret sur EuroMéditerranée, une esquisse de Laurence Février, des lectures de P.Laupin, plein de discussions puisque Roméas, le rédacteur en chef de Cassandre est un invité officiel.
Il y a Daouda, le slameur, il est venu trois fois se regarder. Il a 17 ans, il écrit des slams, il n'est pas peu fier de ce qui lui arrive.
Evidemment, Michel André n'est pas le seul à pratiquer ce théâtre issu de la parole des gens. Certains réécrivent les entretiens à leur manière comme Minyana, ou Joël Pommerat.
D'autres développent les gestuelles et tricotent les entretiens comme la Jacquerie, qui a fait quasiment 6 spectacles basés sur la parole des habitants.
Dominique Ferré est allé retrouver les ouvrières de Lip, et Charles Piaget. Fornier réinterprétait avec brio Piaget. Des dizaines de compagnies ont joué les entretiens de la "Misère du Monde " de Bourdieu.
Lajara ou la compagnie "Gravitation" font carrément jouer les gens eux mêmes,
Le théâtre s'était tellement éloigné de la réalité quotidienne, que ce retour à la case départ et naturelle du théâtre est passé comme innovation.
Le problème, c'est que certaines compagnies ont fait de ce style de théâtre un fond de commerce, un procédé : "je collecte les paroles et rejoue les habitants de votre ville" est-il écrit dans les dossiers de promotion.

[03|04|2008]

Super représentation hier

par Jean-Luc Percevaux

Bon j'y connais rien en théâtre, mais si c'est ça "l'écriture du réel", vive elle!!

[01|04|2008]

Bravo...

par Pascal Lebrun-Cordier

à toi, à Florence, aux comédiens pour ces esquisses. Il y a là un travail impressionnant de justesse ; une présence des comédiens remarquable ; un travail sur le corps, les gestes, les regards, le mouvement ; une mise en jeu de l'image, du double, du "cadre" de vie. C'est un travail d'une richesse et d'une densité qui me touchent. Certaines séquences sont certes fragiles, moins fluides, peut-être maladroites (vers la fin), mais c'est le propre de tout carnet de croquis. Vivement la suite.